vendredi 3 février 2017

La motivation

Fait que... c'est ça. Nous nous sommes lancés dans un régime ! Rectification : un plan alimentaire. Ça sonne moins "On est trop gros, faut maigrir". Un plan alimentaire, c'est une belle expression qui a l'air de signifier "Nous voulons adopter de meilleures habitudes alimentaires grâce à notre grand sens de la discipline !"

Je ne veux pas parler pour Jérôme, mais pour moi, j'ai deux motivations. 

La première, c'est pour soutenir mon conjoint, pour qui ce plan alimentaire semblait important. Ben oui, je suis un chum parfait de même ! Je me voyais difficilement en train de tremper mon croissant au beurre dans mon chocolat chaud fait avec de la crème fraîche pendant que mon pauvre chum me regarde avec ses yeux remplis d'envie et de frustrations... Je me serais senti cheeeeeeeap. Je savais que ça allait être plus facile en couple. 

La seconde, c'est pour des raisons de santé. Honnêtement, j'ai appris avec les années à aimer les rondeurs et par extension, les miennes. Je tiens à ma bedaine comme certaines femmes tiennent à leurs seins. Je n'ai aucune envie de devenir un homme chétif qui porte du médium et qui se sent bien plein après une seule assiette au buffet chinois. Cependant, je suis à risque de développer un syndrome métabolique et je vois arriver comme une fatalité la ribambelle de complications qui en découleront. Je dois apprendre que cela n'est justement pas une fatalité et que je peux prendre dans l'immédiat des décisions qui contribueront à me faire dévier de ma trajectoire. 

Je dois toutefois avouer - et je sors mon chapeau d'anthropologue - que je n'ai jamais été "en faveur" des décisions santé (en matière d'alimentation). En général, ce qui est bon pour la santé est mauvais pour le bien-être (et vice versa) et je suis un homme qui a beaucoup besoin de s'occuper de son bien-être. Je n'aime pas le discours des apôtres des saines habitudes de vie qui prétendent que ce qui est bon pour la santé est bien pour mon bonheur. C'est faux. En Amérique du Nord, on nous inculque que c'est dans l'excès de consommation que l'on trouve notre salut. La pâte de fruits m'a déjà donné un orgasme ontologique. Le céleri n'y arrivera jamais. JAMAIS. Si vous voulez me faire tripper sur l'atteinte d'un équilibre, il faudra que vous me sortiez ma nord-américanité de moi-même. Bon courage. Je ne sais pas être autrement. 

Je consens néanmoins à accorder le point suivant auxdits apôtres des saines habitudes de vie, point qui ne vient pas en contradiction avec ma culture : on peut réduire les méfaits liés à mes excès en les encadrant. L'approche du plan alimentaire que nous suivons s'inscrit en ce sens. Il ne s'agit pas d'un acte de conversion, mais d'un encadrement strict servant à nous rappeler que nous pouvons avoir le contrôle sur notre corps. Je pourrai faire de nouveaux excès dès que je me serai prouver que c'est bien moi qui mène et non mon bien-être. De fait, j'entre donc dans ce processus comme dans un défi. 

Je suis capable d'avoir de l'autorité sur moi-même. 



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